Vive le Partenariat ! Quel partenariat ?

Entretien avec Mr Jean-Philippe Martin, Président de la Febisp

Entretien réalisé dans le cadre du Livre Blanc des Missions Locales (décembre 2012).

Le 2 juillet 2018 |  Nos actualités  Actualités du secteur de l’ISP | MLSG | 0 message
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Pour une charte d’engagements réciproques
Entretien avec Jean-Philippe Martin. [1]

MLSG : Quel est votre analyse sur l’évolution du partenariat entre les pouvoirs publics et le secteur associatif ?

J-P M.  : Même si les places sont à ce jour nettement insuffisantes au regard de la demande existante et de la pression mise sur les personnes sans emploi, il est indéniable que le secteur ISP, composé pour une part importante par le secteur associatif, s’est vu structurellement soutenu et financé par les pouvoirs publics durant ces 20 dernières années. Ainsi, par le biais de conventions de partenariats avec les pouvoirs publics, le secteur associatif a pu se déployer pour organiser diverses formes d’actions qui associent formation, emploi et soutien social au profit des chercheurs d’emploi les plus fragilisés sur le marché du travail. En bémol à ce constat positif, je trouve que les rapports entre les pouvoirs publics et le secteur associatif restent très fragiles, souvent très tendus et que le pouvoir public éprouve beaucoup de difficultés à gérer et à animer ce partenariat pour que les actions conjuguées des uns (pouvoirs publics) et des autres (associatif conventionné) soient complémentaires et concourent à des objectifs partagés qui aient du sens pour le public bénéficiaire et pour les différents types d’opérateurs mobilisés.

MLSG : Pour vous, quels sont les rôles et fonctions spécifiques du pouvoir public et du secteur associatif ?

J-P. M.  : Pour moi, le pouvoir public doit à la fois être garant de l’intérêt général, il doit avoir une vision et un projet d’ensemble, être responsable de la conduite générale des politiques publiques et offrir aux citoyens un ensemble de services ‘’généralistes’’ dans un souci d’équité de traitement des citoyens. Afin de garantir le respect des droits des plus faibles, je pense qu’il est indispensable que le pouvoir public puisse s’appuyer structurellement sur le secteur associatif pour offrir des services ‘’spécialisés’’ selon des modalités qui permettent à ce dernier d’optimaliser ses capacités d’analyse de proximité, d’analyse critique, d’invention, de souplesse et être un réel facteur d’innovation, de participation, d’émancipation et de veille sociale au travers des actions partenariales de ses politiques publiques. Force est de constater que ce partenariat, pour ma part indispensable au regard de l’importance des défis sociaux à rencontrer, ne se développe pas spontanément en respectant les spécificités et cultures des uns et des autres et qu’il est nécessaire et urgent d’élaborer un cadre qui articule les apports et les pratiques des uns et des autres dans un projet global fédérateur qui apporte un sens collectif partagé à nos interventions complémentaires de service au public.

MLSG : Vers un pacte associatif ?

J-P. M. : ... ou vers une ‘’Charte d’engagements réciproques’’ comme l’avait initiée à l’époque Jospin en France qui, tout en reconnaissant une nécessaire indépendance des associations, proposait un cadre partenarial de coopération (... pas de sous-traitance) entre l’État et l’Associatif basé sur des engagements et des objectifs (communs et/ou spécifiques) partagés, sur une consultation garantie par les pouvoirs publics sur les matières partenariales, sur les objectifs, critères et indicateurs d’évaluation et sur une vraie délégation de certaines missions afin de développer et d’organiser les complémentarités des apports de chacun. Et, soyons audacieux, pourquoi ne pas inscrire ce partenariat dans un contexte d’exception non-marchande aux principes de libéralisation des services ?



[1Administrateur de plusieurs associations ISP bruxelloises et de la Febisp.

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